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Sommes-nous prêts pour l’avenir du travail?

Enseignements de la journée internationale de l’éducation 2025

Le 24 janvier 2025, l’UNESCO a célébré la journée internationale de l’éducation 2025 (IDE 2025), avec pour thème "L’intelligence artificielle et l’éducation: préserver l’autonomie dans un monde automatisé". La manifestation de cette année était centrée sur l’intersection critique entre technologie et humanité, étudiant comment l’éducation peut mettre les individus à même de prospérer dans un monde configuré par la transformation impulsée par l’IA.

Pendant l’une des quatre sessions de groupes organisées par la Section de la jeunesse, de l’alphabétisation et du développement des compétences, intitulée "L’intelligence artificielle et l’éducation: préserver l’autonomie dans un monde automatisé", les panélistes ont exploré l’impact de l’IA sur le développement des compétences. La session a suscité un engagement actif, les participants en ligne apportant leur contribution sous forme de questions et d’informations.

M. Ilja Riekki, Spécialiste de programme à l’UNESCO, a ouvert la session par des remarques de bienvenue donnant le ton pour les discussions attrayantes et instructives qui allaient suivre. Il a souligné qu’il est urgent de se préparer aux rapides changements résultant de la numérisation et de l’intelligence artificielle, notant que d’ici à 2027, il faudra perfectionner ou reconvertir 61% de la population du monde. M. Riekki a fait ressortir l’impact disproportionné de l’automatisation sur les femmes et les jeunes, tout en signalant les opportunités qu’offre la création de millions de nouveaux emplois numériques. Il a souligné qu’il est essentiel d’aligner les systèmes d’enseignement et de formation sur les besoins d’une économie de l’intelligence artificielle et de faire en sorte que l’apprentissage tout au long de la vie reste accessible et efficace. Encourageant une participation active, il a invité les participants à faire part de leurs observations, de leurs bonnes pratiques et de leurs questions, rappelant que l’objectif de la session était de façonner des politiques et des programmes propres à autonomiser les apprenants du monde entier.

Mme Barbara Glover, Responsable de programme à l’Agence de développement de l’Union africaine (NEPAD), a présenté un exposé stimulant intitulé: "L’éveil de l’Afrique à l’IA: c’est davantage que de simples algorithmes", mettant en lumière les opportunités et les défis uniques que rencontre le continent à l’ère de l’IA. Elle a souligné dix défis liés à l’IA pour l’Afrique, dont la nécessité impérative de combler la pénurie de compétences, 40% seulement de sa population active possédant des compétences numériques de base contre 58% dans le monde. Elle a aussi fait état de l’accessibilité, du plurilinguisme et de l’autonomisation des jeunes en présentant la Stratégie continentale d’IA de l’Union africaine, initiative clé pour maîtriser ces défis.

"L’IA va à la fois perturber et créer des emplois à une échelle massive," a déclaré M. Ramon Iriarte, Spécialiste du programme d’éducation à l’UNESCO, soulignant les défis et les opportunités que l’IA présente pour le développement des compétences. Il a retracé les efforts de l’UNESCO, depuis le Consensus de Beijing sur l’IA et l’éducation, en 2019, qui redéfinissait les rôles des éducateurs, jusqu’à la Recommandation sur l’éthique de l’IA, en 2021, qui soulignait que l’IA est un bien public. M. Iriarte a également fait état de la Stratégie de l’UNESCO pour l’EFTP 2022–2029, qui traite des perturbations du marché du travail par des initiatives telles que le Groupe de travail inter-agences sur l’EFTP, l’Académie mondiale des compétences et le Réseau UNEVOC. Il a invité les participants à examiner comment l’IA remet en question les systèmes de développement des compétences, et comment elle peut être mobilisée au service de solutions actives.

À partir de ces informations, la session a réuni des experts du monde académique, de l’industrie, d’organisations internationales et d’ONG pour discuter de l’intégration de l’IA et du numérique dans le développement des compétences et les systèmes d’EFTP.

M. Yeo Wee Siong, Directeur de SkillsFuture Singapore, a présenté l’approche axée sur les données et les partenariats public-privé que Singapour met en œuvre pour combler les pénuries de compétences, tandis que M. Emmanuel Appiah-Kubi, professeur associé à l’AAMUSTED, a souligné les défis auxquels l’Afrique se trouve confrontée, depuis l’intégration de l’IA dans les économies informelles jusqu’à la transformation des pratiques d’enseignement traditionnelles. Mme Mohamedou El-Iza, Cheffe du Centre de l'OCDE pour les compétences, a noté la demande croissante de professionnels de l’IA, indiquant que les apprentissages souples et les simulateurs numériques représentaient des solutions clés. De même, Mme Ulla Hemminki-Reijonen, Directrice de l’Université d’Helsinki, a souligné combien il est important de doter les éducateurs d’instruments d’IA. M. Armand Leblois, de l’Académie des réseaux Cisco, a discuté de l’utilisation de l’IA pour personnaliser l’apprentissage et valider les certifications, tandis que Mme Vera Martinho, de Junior Achievement Europe, a souligné la nécessité de mettre les jeunes à même de prendre la tête du développement de l’IA.

Plus de 200 participants en ligne sont activement intervenus dans la session de questions et réponses, posant des questions telles que "Quel est le meilleur moyen de renforcer l’EFTP par l’utilisation de l’IA?". Les panélistes ont souligné qu’il importait d’améliorer l’accessibilité, d’encourager l’inclusion, de mettre à profit l’IA pour personnaliser l’apprentissage et de promouvoir la confiance dans l’adoption de l’IA, méthodes essentielles pour intégrer l’IA dans les systèmes d’EFTP.

Alors que l’IA continue de reconfigurer l’éducation et le marché du travail, la voie à suivre consiste à assurer l’égalité d’accès, le développement des compétences et l’adoption de l’IA à la fois par les apprenants et les éducateurs. L’EFTP ne doit pas se contenter de s’adapter à l’IA, mais elle doit exploiter activement son potentiel pour créer des environnements d’apprentissage plus inclusifs, personnalisés et en prise sur l’avenir. La question reste entière: comment trouver le meilleur équilibre entre l’innovation technologique et l’approche humaine que l’éducation requiert?

Pour agir maintenant, il faut que décideurs, éducateurs et parties prenantes collaborent pour réduire les barrières, adopter des solutions axées sur les données et doter à la fois enseignants et apprenants des outils dont ils ont besoin pour réussir à l’ère de l’IA. Dans cette perspective, l’UNESCO accueillera en mars la réunion annuelle 2025 de la Coalition mondiale pour l’éducation pour poursuivre la discussion sur l’IA et le partenariat. Joignez-vous à nous pour faire en sorte que l’IA soit un vecteur d’inclusion et d’opportunités, façonnant un avenir où l’éducation reste un pilier de l’autonomie humaine et de la croissance.

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